Après avoir découvert hier la première partie de l'Interview interactive de Marouane Chamakh, voici la suite et la fin de l'entretien. Dans cette seconde partie, le n°29 au Scapulaire parle du Maroc, de sa famille dont il est très proche, de sa rencontre avec le Président Sarkozy et avec Sa Majesté le Roi du Maroc mais aussi de ses fans et de ses rapports avec eux. Authentique et franc dans ses réponses, le jeune attaquant bordelais s'est livré comme jamais pour le plaisir de ses supporters.
Marouane, dans son interview interactive, David Bellion dit que tu es le plus chambreur, que tu as toujours le sourire ! C'est vrai ? de Lucie
Marouane Chamakh : (rires, NDLR) Oui, j'ai toujours le sourire mais le plus chambreur, je ne sais pas. Il est vrai que je chambre un peu mais je pense que nous sommes quatre ou cinq dans le vestiaire à faire de même. Après, il est vrai que je rigole pour un rien, même pour une blague « pipi-caca ». J'essaye de chambrer régulièrement mes partenaires mais seulement quand je sens qu'il y a une bonne ambiance.
Salut Marouane, quelle est la popularité des Girondins de Bordeaux au Maroc ? de Savi
Marouane Chamakh : Elle est plutôt bonne. Je pense que les années 80 et le titre de champion de France en 1984 avec Marius Trésor ont vraiment marqué les esprits. C'est le cas pour mes parents et tous les gens qui ont vécu cette période faste du club. Les Marocains ont une bonne image de Bordeaux. Ils pensent que c'est un très bon club car Bordeaux joue très souvent le haut de tableau et l'Europe.
Salut Marouane, plutôt brunes ou blondes ? de Rita
Marouane Chamakh : Brunes.
Bonjour Marouane. Je voulais savoir comment s'est passé le dîner au Maroc avec le Roi, le Président de la République et Youssouf Hadji de Nancy ? De quoi avez-vous parlé ? Etais-tu heureux de rencontrer M. Sarkozy et le Roi du Maroc ? de Nicolas
Marouane Chamakh : J'avais déjà rencontré Nicolas Sarkozy dans le vestiaire des Girondins mais à l'époque, il était encore Ministre de l'Intérieur. Sur un plan personnel, je l'avais également vu après notre finale de la CAN en 2004. Le fait de voir Nicolas Sarkozy et le Roi du Maroc ne m'a rien fait de spécial puisque je les avais déjà rencontrés. C'est l'invitation du Roi qui m'a beaucoup touchée. C'était un grand honneur pour moi et pour Youssouf (Hadji, NDLR). Cela dit, nous étions un peu déçus car nous aurions aimé avoir les autres joueurs de la sélection à nos côtés. Lors de la soirée, tout s'est très bien passé. Mes parents étaient contents et fiers. Si cela se trouve, je n'aurais cet honneur qu'une fois dans ma vie alors j'en ai profité. Cela restera inoubliable. Avec Youssouf Hadji, nous étions simplement un peu gênés de ne pas avoir les collègues de la sélection marocaine avec nous pour participer à cette belle fête.
Quel est le sport que tu préfères après le football ? de Yasmina
Marouane Chamakh : J'aime le tennis et le basket américain.
Serais-tu capable de sortir avec une de tes fans ? de Jasmina
Marouane Chamakh : Pourquoi pas ?
Bonjour, ton emploi du temps te permet il de consacrer un peu de temps à des associations qui te sollicitent ? de Mila
Marouane Chamakh : Je consacre surtout le peu de temps que je possède pour l'association que je parraine. Tout se passe très bien même si je dois mettre cette action entre parenthèses quand nous avons beaucoup de rencontres dans des périodes rapprochées, comme en ce moment. Nous faisons pas mal d'actions au Maroc. J'en profite pour passer un petit message : mon association se nomme « Mille et un sourires » et elle est basée sur Talence. Si vous voulez nous donner un coup de main, c'est avec plaisir.
Combien as-tu de frères et s½urs ? Es-tu proche d'eux ? de Audrey
Marouane Chamakh : J'ai trois frères et une petite s½ur et je suis très proche d'eux. Je les vois souvent, ils viennent souvent me voir également. Ma petite s½ur à 10 ans. Avec quatre grands frères, elle super bien protégée ! Je suis très famille et je suis toujours très heureux de voir la petite dernière car je ne l'ai pas vu grandir. Je suis parti trop tôt de chez moi pour avoir cette chance. C'est toujours un grand plaisir de se retrouver. Il y a une très bonne ambiance dans ma famille, comme si nous avions tous déjà 30 ans.
Tout d'abord je vous félicite pour l'invitation du Roi du Maroc. Si vous étiez célibataire, pourriez-vous sortir avec une femme forte ? Merci de me répondre ? de Nathalie
Marouane Chamakh : (Silence, NDLR) Je ne sais vraiment pas. Je vais dire non mais en fait, peut-être. Tout dépend de la personne, il faut juger au cas par cas et ne pas se fier qu'aux critères physiques.
Comment vous trouvez le nouveau coach de notre équipe nationale ! Est-ce que tu crois vraiment qu'on pourra se qualifier en finale et pourquoi pas gagner la coupe ? de Zaineb
Marouane Chamakh : Le nouveau sélectionneur est une personne que j'admire. Nous n'avons fait que trois ou quatre matches avec lui mais il a l'air très posé, très serein. Il a amené cette sérénité dans le groupe. C'est également un entraîneur qui possède une grande expérience. Avec lui, l'objectif est clair et net, il faut se qualifier pour la prochaine Coupe du Monde. Nous allons tout donner lors de la Coupe d'Afrique afin de faire quelque chose de bien. En tout cas, il y vraiment une bonne ambiance entre nous et le staff et je pense que cela se verra forcément sur le terrain.
Chamakh, vous êtes devenu l'idole de tous les Marocains et la star la plus populaire ! Cela vous fait quoi ? de Zaineb
Marouane Chamakh : Je crois que l'idole ou la star, c'est trop ! En tout cas, je ne le vois pas comme cela. Les gens me témoignent de la sympathie et de la reconnaissance pour ce que je fais sur le terrain, mais cela ne va pas plus loin. Je suis très proche du Maroc et cela fait plaisir aux Marocains. Je fais tout pour mettre mon pays en valeur. Je suis fier d'être marocain, de véhiculer les coutumes et la culture de mon pays. Avec la sélection, nous donnons également du bonheur et de l'espoir au peuple marocain. Cela aussi, ça compte.
Quels conseils as tu à donner à un jeune qui voudrait devenir professionnel ? Comment as-tu fais ? de Anthony
Marouane Chamakh : Je déteste donner des conseils. C'est vraiment quelque chose que j'ai du mal à faire sauf si j'y suis obligé. Je n'aime pas trop cela. Tout ce que je peux dire aux jeunes, c'est de travailler continuellement, de ne pas perdre confiance car un jour ou l'autre, le travail paye. Il faut aussi savoir ce que l'on veut. Dès 13 ou 14 ans, je voulais devenir footballeur professionnel, c'était ferme. Je me suis donné à 150% sur le terrain et j'ai fait des sacrifices. A 15-16 ans, les jeunes du centre de formation sont obligés de se priver de beaucoup de choses pour avoir une chance d'y arriver. Avec beaucoup de travail et un brin de réussite, on n'arrive forcément à ce que l'on veut.
Bonjour Marouane ! Est-ce que après quelques années, le fait de signer pas mal de dédicaces par semaine, voir tous les jours, ne devient pas un peu « saoulant » à la fin ? de Sophie
Marouane Chamakh : Cela n'est jamais « saoulant ». Parfois, c'est un peu fatiguant. Par exemple, quand il fait très chaud et que nous venons de sortir du 2ème entraînement, ce n'est pas toujours facile de faire face à 150 personnes qui vous attendent. C'est vrai, parfois, c'est crevant. Cependant, après avoir signé les dédicaces à tout le monde, ce n'est que du bonheur car vous avez fait plaisir à 150 personnes d'un coup. Les supporters ont des autographes, des photos. Voir tous les gens heureux, c'est bien (sourire, NDLR). Je n'irai pas jusqu'à dire que cela devrait être obligatoire pour les joueurs mais c'est très important. Je sais d'où je viens. C'est pour cette raison que cela ne me dérange pas plus que cela. J'ai été supporter des Girondins. Petit, je me souviens être venu au Haillan pour avoir une photo dédicacée. J'ai toujours eu ce que je voulais, je ne vois pas pour quelles raisons je fonctionnerai différemment.
Bonjour Marouane. Que ressens-tu et que fais-tu après avoir marqué un but ? Ressens-tu différentes choses suivant le type de but (genre après un penalty ou un lob de 30 mètres) ? de Clément
Marouane Chamakh : J'ai toujours le même sentiment, un but, c'est un but. Je ressens toujours beaucoup de plaisir lorsque je marque. Il y a le plaisir de marquer et celui, encore plus fort, d'avoir fait gagner son équipe. Tout dépend du contexte. Si je marque le but du 1-3 alors que nous sommes menés 0-3, je vais être content mais sans vraiment l'être au fond de moi. Après, quelque soit le type de but, je suis content et joyeux.
Combien d'enfants voulez-vous avoir et avez-vous une préférence de sexe ? de Carla
Marouane Chamakh : J'aimerais bien avoir trois enfants, deux garçons et une fille sans préférence pour l'ordre d'apparition.
Qu'est-ce que tu penses du cas ton ami Jaouad Zaïri ? de Abdel
Marouane Chamakh : Jaouad Zaïri est une personne que j'admire beaucoup et c'est un bon pote à moi. Il m'impressionne mais il n'a pas la carrière qu'il mérite. Quand je vois le potentiel qu'il a... Personnellement, je le vois parfaitement dans un grand club européen. Je suis un peu dégoûté pour lui mais aujourd'hui, cela va mieux. Il joue en Grèce (à l'Asteras Tripolis, 4ème du championnat actuellement, NDLR) et cela se passe bien mais je pense qu'il mérite mieux. Pour l'avoir côtoyé, je sais le potentiel qu'il possède et croyez moi, il est immense ! C'est dommage mais une carrière se joue souvent sur de petits détails. Cependant, je suis assez confiant pour la suite. Il a retrouvé de la stabilité, cela va certainement l'aider à démontrer son grand talent.
Quelle est ta plus grande qualité et ton plus gros défaut ? de Typhaine
Marouane Chamakh : Ce n'est pas à moi de répondre mais je pense être une personne généreuse dans la vie. Mon plus gros défaut, c'est d'être mauvais perdant, même à la console. Si je perds, je trouve toujours quelque chose pour rebondir : soit j'annule le match, soit je fais une revanche mais je suis très, très mauvais perdant.
Qu'as-tu ressenti pour le match France-Maroc au Stade de France ? de Fernando de Créteil
Marouane Chamakh : Beaucoup d'émotions. J'en avais déjà parlé avant mais pour une personne qui possède la double nationalité, c'est forcément spécial. J'ai joué en jeune avec l'équipe de France, je joue aujourd'hui pour le Maroc. C'était au Stade de France, devant toute ma famille. C'était grandiose. Il y avait une majorité de Marocains. Le seul petit bémol de la soirée, c'est la Marseillaise sifflée par nos supporters. Cela dit, ce n'était pas contre les joueurs de l'équipe de France, contre la Fédération ou contre les Français en général. Selon moi, il s'agit d'un problème de société, d'un problème plus global. Ils ont sifflé pour des raisons extra-sportives et je pense sincèrement que ce n'était pas contre le peuple français dont beaucoup de supporters marocains font partie.